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Léo Marjane  picture, image, poster
Léo Marjane

Date of birth : 1912-08-27
Date of death : -
Birthplace : Boulogne-sur-Mer, France
Nationality : Française
Category : Arts and Entertainment
Last modified : 2011-03-08

Léo Marjane , de son vrai nom Thérèse Gendebien, puis baronne Charles de Ladoucette, est une chanteuse française, née à Boulogne-sur-Mer le 27 août 1912.

Dès 1932, elle se produit dans plusieurs cabarets en France et à l'étranger (est-ce lors d'une tournée en Afrique du Nord qu'elle adopte le pseudonyme de Marjane: son style est alors très influencé par les chanteuses du moment (Lucienne Boyer, Lys Gauty) et sa voix méconnaissable (d'ailleurs aucun des disques enregistrés à l'époque n'a été réédité à ce jour).

Après un long séjour aux Etats Unis, la chanteuse fait en 1937 un come-back fracassant. Influencée par les artistes de jazz américains et les crooners qu'elle a entendus à Broadway, Léo adopte à partir de ce moment une façon de chanter tout à fait différente et qui dénote complètement de ce qu'on écoutait en France à l'époque (chansons réalistes, romances populaires, gaudrioles) : d'une voix chaude et enveloppante, elle fredonne des airs blues et intimistes, comme les torch singers accoudées à un piano bar dans les films américains.

Lors de l’enregistrement d’un disque au Studio Cognac Jay, elle aura l’idée d’amortir certaines syllabes en couvrant le micro de son bas de soie : un procédé si efficace qu’il sera conservé. Sa version française de « chappel in the moonlight » (que reprendra par la suite Dean Martin) est un triomphe.

Au cours de l’année 1941, l’occupant allemand va interdire les chansons anglo-saxonnes. Peu importe, des musiciens français comme Loulou Gasté vont continuer à bâtir des chansons sur le même modèle, avec un talent presque égal. C’est avec un slow bien français, dédié aux épouses des prisonniers, Je suis seule ce soir, qu’elle remporte un des plus gros succès de cette sombre période.

En 1943, Léo Marjane débute à l’écran dans le film Feu Nicolas, une comédie complètement crétine avec le comique Rellys qui fut fort populaire à l’époque. Le moins qu’on puisse dire est que l’apparition de la chanteuse dans ce navet qui raconte les tribulations de revenants tranche avec l’ensemble : elle y chante deux superbes blues du futur mari de Line Renaud, avec une puissance et une présence remarquables.

Si jusqu’à présent ses interprétations langoureuses de slows pouvaient évoquer Alice Faye, sa parfaite interprétation de la chanson Ste Madeleine la rapproche presque des grandes dames du négro spiritual. Le succès est tel que les journaux parlent déjà d'un futur film avec Léo Marjane en vedette, dont le titre serait le même qu'une de ses chansons les plus connues : Mon ange. Pendant la guerre, la vedette est si populaire qu’on la voit partout à Radio Paris et dans son joli cabaret, très fréquenté par les allemands.

Très aimée par le public, elle est en revanche loin d’être appréciée par toutes ses rivales de la chanson, qui ne se faisaient guère de cadeaux. La chanteuse connaîtra comme on peut l’imaginer de gros problèmes à la libération (elle répliquera au comité d’épuration lui reprochant le nombre de spectateurs allemands, qu’elle est myope !). Interdite de scène et de disque pendant plusieurs mois, elle est vite concurrencée par de nouvelles venues (Jacqueline François, Yvette Giraud, Anny Gould) qui s’inspirent beaucoup de son style (notamment la dernière citée)et la devancent en s’accaparant les nouvelles chansons américaines.

Ses disques (notamment une superbe version de clopin clopant) n’ont plus le succès de jadis. En 1950, Léo Marjane est la tête d’affiche du film « Les deux gamines », adaptation d’un mélo, qui avait fait couler beaucoup de larmes autrefois. En fait, la chanteuse chante deux chansons puis disparaît pendant les ¾ du film (le personnage qu’elle incarne ayant disparu dans un accident d’avion).

Après une longue tournée en Amérique du Sud, aux USA (où elle fut très applaudie par Garbo !) et au Canada (où elle remporte un véritable triomphe), la chanteuse semble avoir retrouvé au milieu des années 50 une part de son prestige passé (plusieurs succès en 1955 dont sa version de Secret love de Doris Day et de Monsieur mon passé de Léo Ferré.)

On la retrouve dans un petit rôle de chanteuse des rues dans Elena et les hommes de Renoir (1956) et on l’entend chanter dans le film Ariane (1957).


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