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Jacques-Henri Bernardin picture, image, poster
Jacques-Henri Bernardin

Date of birth : 1737-01-19
Date of death : 1814-01-21
Birthplace : Le Havre, France
Nationality : Française
Category : Famous Figures
Last modified : 2010-06-20

Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, né le 19 janvier 1737 au Havre et mort le 21 janvier 1814 à Éragny-sur Oise, est un écrivain et un botaniste français.

Montrant dès l’enfance un esprit à la fois rêveur et aventureux, goûtant les charmes de la nature, désireux de l’inconnu, Bernardin de Saint-Pierre avait un caractère inquiet, irritable, facilement rebuté par les difficultés et les devoirs.

Après avoir appris chez un curé, à Caen, les éléments des langues anciennes, il lut avidement Robinson Crusoé, et demanda à voyager sur la mer. Un de ses oncles, capitaine de navire, qui allait à la Martinique, le prit à son bord ; les fatigues de la navigation et le service des manœuvres auquel on l’astreignit firent bientôt tomber ses illusions.

Ramené au Havre et dégoûté de la vie maritime, il fut mis au collège chez les Jésuites de Caen. Il s’y exalta à la pensée d’aller au loin convertir les peuples barbares ; son père calma cet enthousiasme en le renvoyant faire sa philosophie au collège de Rouen. Il entra ensuite à l’École des ponts et chaussées, d’où il passa dans le corps de jeunes ingénieurs que le ministre de la guerre avait établi à Versailles.

Envoyé en cette qualité à l’armée qui était à Düsseldorf, sa susceptibilité et son insubordination le firent destituer. Il retourna au Havre, où son père s’était remarié. Ne pouvant s’accorder avec sa belle-mère, il vint à Paris en 1760, presque sans ressources. L’année suivante il demanda à être envoyé comme ingénieur à l’île de Malte, que menaçaient les Turcs et l’obtint, mais, la guerre n’ayant pas lieu, il rentra à Paris avec l’intention d’enseigner les mathématiques.

Ne trouvant pas d’élèves, et pour échapper à la misère, il proposa au ministre de la marine, d’aller lever le plan des côtes d’Angleterre, proposition qui resta sans réponse. Il résolut alors de tenter la fortune à l’étranger et, ayant emprunté quelque argent, il partit pour la Hollande, et de là se rendit à Saint-Pétersbourg, plein d’espoir dans la bienveillance connue de l’impératrice Catherine pour les Français.

Pourvu d’une sous-lieutenance dans le corps du génie, il ne parvint pas à faire agréer au gouvernement le projet d’une Compagnie pour la découverte d’un passage aux Indes par la Russie.
Passé en Pologne pour soutenir la cause de Radziwill contre Poniatowski, il rencontra à Varsovie la belle princesse Marie Miesnik, et conçut pour elle une passion dont les « fureurs » le firent congédier au bout de quelques mois. Parti pour Dresde avec l’intention de se mettre au service de la Saxe il se rendit, à la suite de l’aventure galante la plus romanesque qui se puisse concevoir, à Berlin, où il ne put se fixer, et rentra en France en novembre 1766.

Sans ressources, chargé de dettes, solliciteur partout éconduit, Bernardin est alors sur le point d’échanger sa vie aventureuse contre celle d’écrivain. Il se retire à Ville-d'Avray, y loue une chambre chez le curé, met en ordre ses observations et ses souvenirs de voyage et rédige des Mémoires sur la Hollande, la Russie, la Pologne, la Saxe, la Prusse.

Ces projets littéraires encore retardés, il sollicita et obtint un brevet de capitaine-ingénieur pour l’Île de France et partit en 1768. Il y resta trois ans. Revenu à Paris en juin 1771, il se mit à fréquenter la Société des gens de lettres. D’Alembert le présenta dans le salon de Julie de Lespinasse mais il y réussit mal et se trouva en général déplacé dans le monde des encyclopédistes.

Il se lia, grâce à d’intimes analogies, plus étroitement avec Jean-Jacques Rousseau avec lequel il allait se promener à la campagne où ils s’entretenaient longuement ensemble sur la nature et l’âme humaine. Bernardin cherchait à adoucir la noire mélancolie du philosophe et en était atteint lui-même. Dans le préambule de l’Arcadie, il se peint cherchant la solitude : « À la vue de quelque promeneur dans mon voisinage, je me sentais tout agité, je m’éloignais… En vain j’appelais la raison à mon secours, ma raison ne pouvait rien contre un mal qui lui volait ses propres forces. »

Cependant il avait publié en 1773 son Voyage à l’Île de France, à l’Île Bourbon, au cap de Bonne-Espérance, par un officier du roi (Amsterdam et Paris, 1773, 2 vol. in-8°), récit sous forme de lettres à un ami où transparaissent déjà les principales lignes de son talent, et il préparait la publication de ses Études de la nature.

Il passa tout l’hiver de 1783 à 1784 à recopier cet ouvrage, à y ajouter, à y retrancher. « L’ours, disait-il, ne lèche pas son petit avec plus de soin. Je crains, à la fin, d’enlever le museau au mien à force de le lécher ; je n’y veux plus toucher davantage. »

Après la publication des Études (3 vol., 1784), l’auteur, inconnu, rebuté et indigent la veille, passa en quelques jours à l’état de grand homme et de favori de l’opinion. Tout ce qui sortait de sa plume était assuré du succès ; des pages comme celles de Paul et Virginie (1787), qui ne rencontre pas, à ses débuts, l’accueil espéré et que, sans l’intervention du peintre Vernet, il aurait certainement détruit.

En 1792, à l’âge de cinquante-cinq ans, il épousa Félicité Didot, qui n’en avait que vingt-deux. La même année, il fut nommé intendant du Jardin des Plantes de Paris en remplacement de Buffon, place qui fut supprimée en 1793.

Appelé, vers la fin de 1794, à professer la morale à l’École normale de l’an III instituée par la Convention, il ne parut que deux ou trois fois dans sa chaire et, malgré les applaudissements, reconnut qu’il n’avait pas le talent de la parole.

En 1795, il fut nommé membre de l’Institut de France, dans la classe de langue et de littérature, où il eut souvent des discussions vives et pleines d’aigreur avec ceux de ses collègues qu’il appelait les athées, Naigeon, Volney, Morellet, Cabanis. Il soutint, à partir de 1797, le culte révolutionnaire de la théophilanthropie visant à renforcer la République en remplaçant le catholicisme par une autre religion. Lauréat de l’Académie de Besançon, il fut élu de l’Académie française en 1803.

Ayant perdu sa première femme, il épousa, en 1800, Désirée de Pelleport, jeune et jolie personne qui calma ses dernières années avant sa mort dans sa campagne d’Éragny, sur les bords de l’Oise. De son premier mariage, il eut deux enfants : Paul, mort jeune, et Virginie, mariée au général de Gazan. Sa seconde femme se remaria à Aimé Martin.


ŒUvres

Voyage à l’Île de France, à l’île Bourbon et au cap de Bonne-Espérance, 2 vol. (1773)
L’Arcadie (1781)
Études de la nature (3 vol.) (1784)
Paul et Virginie (1787)
La Chaumière indienne (1790)
Le Café de Surate (1790)
Les Vœux d’un solitaire (1790)
De la nature de la morale (1798)
Voyage en Sibérie (1807)
Harmonies de la nature (3 vol.) (1815)


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