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Félicité De Lamennais

Date of birth : 1782-06-19
Date of death : 1854-02-27
Birthplace : Saint-Malo, France
Nationality : Française
Category : Famous Figures
Last modified : 2010-12-09

Hugues-Félicité Robert de Lamennais (né le 19 juin 1782 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) - mort en 1854 à Paris) était un écrivain, un prêtre et un philosophe français.

Ordonné prêtre à 34 ans en 1816, suivant l'exemple de son frère aîné, Lamennais accède brusquement à la célébrité l'année suivante en publiant Essai sur l'indifférence en matière de religion où il appelle de ses voeux un réveil de l'Église et une meilleure formation du clergé.

Cependant que la France entre à petits pas dans l'ère industrielle, sous les règnes de Louis XVIII (1814-1824) et Charles X (1824-1830), Lamennais s'insurge contre l'arrogance de la bourgeoisie et la misère des classes populaires.

Son indignation est partagée par une petite fraction de la bourgeoisie libérale... y compris un certain Louis-Napoléon Bonaparte qui, devenu empereur sous le nom de Napoléon III, fera tout son possible pour améliorer le sort des classes populaires.

Félicité de Lamennais supporte d'autre part de moins en moins les compromissions du haut clergé et de l'État.
Il désapprouve le Concordat de 1801 qui a fait des prêtres de simples fonctionnaires de l'État français et s'oppose au gallicanisme, une idéologie qui veut placer la religion sous la tutelle du gouvernement.

Les journées révolutionnaires des «Trois Glorieuses» (27-28-29 juillet 1830) s'accompagnent de violences anticléricales. Elles confortent Félicité de Lamennais dans la conviction que l'Église ne doit plus se compromettre avec le pouvoir.
Pour développer ses vues d'avant-garde, le prêtre fonde en 1830 le journal L'Avenir avec ses amis le comte Charles de Montalembert et Henri Lacordaire, prêtre dominicain, aumônier du collège Henri IV et futur prédicateur à Notre-Dame.

Le premier numéro de L'Avenir sort le 15 octobre 1830 avec une devise sans équivoque : «Dieu et liberté» ! Même s'il ne dépasse pas les 3.000 abonnés, le journal devient très vite le lieu d'expression d'un catholicisme social en gestation. Il prône la liberté de conscience, la liberté d'éducation ou encore la liberté d'association comme manière de riposter à l'égoïsme des riches.
Ses prises de position ne tardent pas à lui valoir l'hostilité du pouvoir comme de la hiérarchie catholique. Ni le gouvernement bourgeois et plutôt anticlérical du roi Louis-Philippe 1er, ni le Saint-Siège ne goûtent le succès croissant du prêtre breton dans les milieux libéraux et les séminaires où sont formés les futurs prêtres. L'Avenir est plusieurs fois condamné par la censure et dénoncé au pape.

En désespoir de cause, Lamennais, Montalembert et Lacordaire se rendent à Rome pour plaider leur cause auprès du pape. Ils sont reçus, le 13 mars 1832, par Grégoire XVI mais celui-ci, élu quelques mois plus tôt, s'en tient à quelques banalités et se garde de les réconforter. Accroché aux prérogatives du Saint-Siège et craignant plus que tout le libéralisme, le modernisme et la révolution, il a choisi résolument le camp des pouvoirs établis et celui de la Sainte-Alliance qui réunit les grandes monarchies du continent, y compris les plus autoritaires comme la Russie.

Les catholiques libéraux comme Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Jules Michelet... ressentent ces attaques comme un déchirement. La rédaction de L'Avenir, directement visée, se saborde.

Montalembert et Lacordaire se soumettent. Comme Frédéric Ozanam, qui fonde en 1833 la Société de Saint-Vincent de Paul, ils vont continuer d'animer tant bien que mal au sein de l'Église un courant réformateur et libéral, par leurs oeuvres, leurs écrits et leurs conférences.

Quant à Lamennais, découragé, il renonce à exercer ses fonctions de prêtre et c'est pour se justifier qu'il publie quelques mois plus tard Paroles d'un croyant. Le succès est immédiat.
Lamennais deviendra député d'extrême gauche après la Révolution de 1848 et mourra le 27 février 1854 en ayant refusé les derniers sacrements .

Il faudra attendre la fin du XIXe siècle et l'encyclique Rerum novarum de Léon XIII pour que l'Église officielle commence à lui donner raison. Il est vrai qu'à ce moment-là, elle a perdu les États pontificaux et a été dépouillé de toute autorité temporelle.


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