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Bérégovoy Pierre picture, image, poster
Bérégovoy Pierre

Date of birth : 1925-12-23
Date of death : 1993-05-01
Birthplace : Déville-lès-Rouen, France
Nationality : Française
Category : Politics
Last modified : 2010-06-02

Pierre Bérégovoy, né le 23 décembre 1925 à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime) et mort le 1er mai 1993 à Nevers (Nièvre), est un homme politique français.

Il fut Premier ministre d'avril 1992 à mars 1993, sous la présidence de François Mitterrand.
Fils d’un immigré Russe qui a fuit la Révolution bolchevique, il est éduqué par sa grand-mère dès l’âge de cinq ans. A l’école, il se révèle être un bon élève qui obtient son brevet élémentaire et son CAP d’ajusteur sans difficultés. En 1942, il devient commis à la SNCF, un petit poste pour lequel les possibilités d’évolution semblent limitées.

L’engagement à la SNCF devient pour Bérégovoy synonyme de conscience politique et d’engagement dans la Résistance. En 1944, il participe, les armes à la main, à la libération d’Elbeuf, à quelques kilomètres de Rouen.
Après la libération, la carrière de Pierre Bérégovoy suit de nouvelles ambitions. Alors qu’il devient agent technico-commercial à GDF, il rejoint le SFIO. Tant sur le plan professionnel que politique, Bérégovoy connaît une ascension impressionnante.

Après avoir été attaché de direction, il culmine à la fonction de directeur adjoint de GDF en 1978. Côté politique, il participe à la création du P.S.U. (Parti socialiste unifié) aux côtés de Pierre Mendès France. En 1969, il adhère au nouveau Parti Socialiste, participe au Congrès d’Epinay pour finalement obtenir le poste de secrétaire national aux affaires sociales puis aux relations extérieures.

Il prend part activement aux campagnes présidentielles de Mitterrand en 1974 et 1981. La victoire de ce dernier lui apporte immédiatement un rôle politique national.
Après un passage au secrétariat national de l’Elysée en 1981-1982, il est nommé ministre des affaires sociales de 1982 à 1984. Quand Fabius succède à Mauroy à Matignon, Bérégovoy obtient le portefeuille de l’économie et des finances.
Jusqu’en 1992, les Premiers Ministres se succèdent mais Pierre Bérégovoy conserve son ministère, à l’exception de la période de cohabitation de 1986 à 1988. Entre temps, en conquérant dès 1983 la mairie de Nevers puis en devenant député de la Nièvre en 1986, il a conforté son statut d’homme politique, passé par l’épreuve des urnes.

Partisan d’un franc fort pour stabiliser l’inflation, Pierre Bérégovoy est un représentant de la gauche moderne qui adhère à l’économie de marché tout en gardant des valeurs sociales. Ses compétences lui valent d’ailleurs la reconnaissance des milieux d’affaires, le respect de l’opposition mais aussi les surnoms de « Père la rigueur » ou « Monsieur Franc fort ».

En avril 1992, après l’échec d’Edith Cresson, il accède enfin au poste de Premier Ministre. Toutefois, ce qui promettait d’être le point culminant de sa carrière devient une épreuve difficile. Engluée dans des scandales financiers, la gauche doit remonter le cap avant les élections législatives de 1993.
De surcroît, le contexte économique ne lui est guère favorable et complique la tâche. Bérégovoy prend les devants en affirmant dès le début de son mandat que la lutte contre la corruption serait une de ses priorités.
Mais les instructions judiciaires visant les membres du gouvernement et les proches du Président ne cessent pas. Pire, elles se rapprochent du Premier Ministre via son directeur de cabinet avant de le toucher directement. Bérégovoy est mis en cause dans l’affaire Pelat pour avoir obtenu un prêt d’un million de Francs à taux zéro.

Cette révélation faite par le Canard enchaîné en février 1993 plombe considérablement la campagne des Législatives. Celles-ci tournent à la débâcle pour la gauche qui n’a jamais obtenu un nombre de sièges aussi faible sous la Cinquième République, même lors des Législatives anticipées de 1968 où la peur du péril rouge s’était transformée en véritable plébiscite en faveur de De Gaulle.

Bien qu’il soit de son côté réélu député de la Nièvre, Pierre Bérégovoy considère qu’il est en partie responsable de cette défaite. Profondément déprimé, il met un terme à sa vie un mois après les élections, le 1er mai 1993, sur les bords d’un canal à Nevers.

En ce jour de fête du travail, l’annonce de son suicide provoque un véritable choc en France. Quelques jours plus tard, lors de son enterrement, où se côtoient les personnalités politiques de tout bord, Mitterrand rend hommage à son ancien Premier Ministre et manifeste sa colère contre l’acharnement médiatique et judiciaire dans une phrase restée célèbre : « Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie au prix d'un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d'entre nous. »

Suite à quelques incohérences dans certains témoignages, et notamment celui affirmant avoir entendu deux coups de feux, certaines enquêtes journalistiques ont mis en avant la possibilité d’un assassinat. Toutefois, des contre-enquêtes également faites par des journalistes mènent à des conclusions diamétralement opposées. Si certaines théories déterrent sporadiquement cette hypothèse, la thèse du suicide reste la plus communément admise et est reconnue par ses proches comme la plus crédible.


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